Quelques secrets de plus.. Par Anne Antomarchi Van de Weghe:


J'ai eu la chance d'interroger pour vous les descendants directs d'un atelier ou l'on fabriquait du filet de père en fils de puis 1855. J'ai appris que l'artisanat du filet fleurissait en France depuis très longtemps, le travail était presque toujours fait à domicile, par des ouvrières qui avaient en plus de ce travail, leurs occupations de maîtresse de maison et aussi d'agricultrice. Le temps de travail consacré au filet ( car le réseau était aussi fait à la main) ou à la broderie, variait donc beaucoup selon les autres occupations de la travailleuse à domicile. En général, le travail était distribué pour une ou deux semaines, et à jours fixes et à lieux fixés d'avance, les personnes en charge de l'atelier se déplaçaient dans un rayon de 30 à 50 kilomètres et cela à une époque où la voiture n'existait à peu près pas, pour distribuer leur travail, dans des points très proches du domicile de leurs ouvrières, qui elles, se déplaçaient à pieds, ou à dos d'âne. il n'y avait pas d'école pour apprendre la technique, le savoir faire se transmettait de mère en fille ou de voisine en voisine.. Les dessins fournis pour la broderie étaient réalisés le plus souvent par des artistes dessinateurs très spécialisés, en général originaire de PARIS. Bien sûr tout cela à disparu, et il n'y a guère de créateurs qui s'intéressent à la fabrication de modèles pour le filet aujourd'hui. Pour illustrer, à quel point la collaboration, était étroite entre les décorateurs, les peintres, les architectes, et les brodeurs, je vous cite en exemple ceci: "On retrouve au Palais Royal de Madrid. .dans la chambre GASPERINI, une décoration fascinante, l'artiste qui a peint la fresque du plafond au 18 ième siecle, a aussi créé pour les brodeuses des patrons pour de somptueux panneaux muraux, et pour les fenêtres assortis donc à cette fresque ainsi que des pièces pour déposer sur des meubles et tables chevets.. La vente du filet était assurée autrefois par les boutiques d'ameublement, les bonneteries, et y compris les grands magasins. Après 1930, ce sont davantage les boutiques spécialisées qui vendaient ces produits.